Mikael Cherel, le grand saut chez les pros
Le Saint-Hilairien passera pro deux mois plus tôt que prévu. Il quittera au 1er juin U Nantes pour La Française des Jeux.
Il était en quelque sorte mis en couveuse chez U Nantes. A priori, Mickaël Chérel, champion de France junior 2004 sous les couleurs du VC Saint-Hilaire, devait y rester jusqu'au 1er août. Mais
le Manchot, en réserve pour La Française des Jeux, va devoir quitter son club plus tôt que prévu. Deux mois, en fait. Une avalanche de blessures (Carlos Da Cruz, Ian McLeod et lundi Timothy Gudsell
dans le Tour d'Italie) au sein de l'équipe professionnelle des frères Madiot le plongera dès le 1er juin dans le grand bain. Prématuré, à 21 ans ? « On l'a avec nous depuis le début de l'année,
modère Pascal Deramé, le directeur sportif nantais. On a appris à connaître Mickaël lors de stages hivernaux, et je pense qu'il sera plus à l'aise chez les pros que chez les amateurs. Il se bat
bien, il est toujours devant, et il n'est pas avare d'efforts ni de coups de main donnés. Il m'a même épaté dans sa façon de courir. »
Altruiste chez les amateurs
De fait, Chérel, qui avait l'assurance de passer au plus haut niveau, n'a pas ménagé sa peine avec les amateurs. « Il aurait pu s'en foutre complètement, se contenter de faire son truc. Ça a été le
contraire, apprécie Deramé. Il s'est totalement investi. » Le coureur s'est donné le rôle d'équipier modèle, celui du leader naturel qui sait se placer en retrait pour valoriser ses camarades, leur
permettre de se montrer. Comme au Circuit de la Vallée de la Loire, échéance très importante pour U Nantes, où ils arrivent à trois, où il est en pleine forme, où il se retire dans le dernier tour
et laisse ses deux coéquipiers décider entre eux de la victoire, finalement au bénéfice de Jonathan Thiret. Un de ces comportements appréciés. « On est avant tout une bande de copains, et je ne
suis pas du genre fanfaron alors je ne fais aucune distinction entre ce qu'est mon avenir à moi et éventuellement le leur », se défend presque l'intéressé. Lui, s'est contenté cette saison du Grand
prix des Côtes d'Armor, à Plourhan, début avril, « et ça n'aurait pas eu beaucoup de sens de gagner plus, l'issue de toute façon aurait été la même pour moi. C'était mieux de faire briller les
autres. » Depuis, il a travaillé, et surtout à se remettre ces dernières semaines d'un problème cartilagineux à la rotule gauche, contracté lors d'un choc au Tour de Bretagne. « Je reprends tout
juste, et, pour le moment, les sensations sont plutôt moyennes, détaille-t-il. J'ai encore une petite quinzaine avant de courir sous mon nouveau maillot. »
Licence pro dans la Manche
Les premières échéances avec La Française des Jeux seront en Coupe de France, au Grand prix de Plumelec, le 2 juin, et aux Boucles de L'Aulne à Châteaulin le lendemain. Quel chemin parcouru, en
quelques années ! « C'est une grosse satisfaction pour moi, j'attendais vraiment ce moment, je m'y préparais. Ma première responsabilité sera d'apprendre, au sein de cette équipe qui ne met pas
beaucoup de pression sur les jeunes, de jouer quelques places et pourquoi pas la gagne si je suis vraiment en forme. Ça vient plus tôt que prévu, mais c'est une bonne nouvelle », se réjouit le
Saint-Hilairien. La nouvelle n'est cependant pas bonne pour tout le monde : « Il va nous manquer, atteste Pascal Deramé. On a en ce moment deux-trois garçons qui ne sont pas bien physiquement, un
qui se marie, un autre qui va au mariage à une période où il y a beaucoup de compétitions... La situation n'est pas simple, mais ça serait trop facile si tout allait toujours bien. C'est notre
travail de trouver des solutions. » Pour U Nantes, la page Chérel est déjà tournée. Par la force de choses conjuguées au plaisir de voir une jeune pousse prendre réellement son envol. Mickaël, pour
autant, n'en reste pas moins fidèle à ses origines. Toujours en contact avec son premier club - son père y a quelques responsabilités avec les juniors - il a promis de prendre au VC Saint-Hilaire
sa première licence pro. Ça s'appelle la reconnaissance, et ça cadre parfaitement avec la personnalité du garçon.