Geslin : « Je vais me lancer avant les Pyrénées »
Interview du 17 juillet 2007
L'Alençonnais de Bouygues Telecom dispute
sa quatrième Grande Boucle avec un seul objectif : remporter une
victoire d'étape. En repos, hier à Tignes, il précise sa stratégie.
TIGNES (de l'un de nos envoyés spéciaux). Discret durant la première semaine, 118e à 56'48'' du leader Michael Rasmussen au classement général, l'Alençonnais de Bouygues
Telecom attend des jours meilleurs pour se mettre en évidence. Après la dernière étape alpestre, aujourd'hui, il y aura trois jours pour attaquer.
Anthony, quel bilan personnel tirez-vous des huit premiers jours de course ?
Les sensations, ça va, c'est classique pour un début de Tour. Cette année, on avait la consigne de ne pas aller dans les échappées qui étaient quasiment sûres
d'être condamnées par les équipes de sprinteurs, sur les étapes de plaine. À ce niveau-là, on s'est bien économisé, même si les deux premières étapes des Alpes étaient dures, notamment celle de
dimanche. Je les ai gérées dans le gruppetto, tranquillement derrière, toujours par souci d'économie. Ce sera pareil demain (aujourd'hui). Ensuite, on va arriver sur un terrain plus favorable à
mon équipe. J'espère que cette économie de la première semaine va être utile pour la suite.
Quel est votre plan de bataille ?
Les trois étapes avant le chrono d'Albi (samedi) sont intéressantes : Marseille, Montpellier et Castres. Des sprinteurs sont déjà rentrés à la maison,
comme McEwen, Cavendish ou Napolitano. Cela peut laisser du champ aux échappées. Des groupes de sept ou huit peuvent arriver au sprint et cela peut être concluant, à l'image de Pierrick Fédrigo
l'an passé. Il y a ces étapes puis il en restera après les Pyrénées.
Vous espérez aussi vous glisser dans des sprints massifs ?
Oui pourquoi pas. Mais en première semaine, je ne voulais pas y aller. Quand je vois les boîtes (sic) que certains se sont mis, franchement, cela peut
compromettre la suite du Tour. C'était risqué.
Jusqu'alors, il n'y a pas eu beaucoup de course, mais on sent beaucoup de fatigue dans le peloton ?
C'est clair. L'an dernier, on avait commencé par dix jours de plaine, où ça roulait vite, sans vent. Là, c'était très nerveux, pesant, toujours en prise, comme
à Autun. Ces journées usent vraiment et cela explique pourquoi certains coureurs semblent entamés. Il faut savoir gérer. C'est pour cela qu'on a bien fait de ne pas avoir fait de rallye.
Maintenant, je vais me lancer dans le boulot, avant les Pyrénées. La fin du Tour, c'est à Paris. Je ne veux pas calculer et essayer d'attaquer partout où cela peut me convenir.
Quel sera ton programme après le Tour de France ?
La Polynormande, le Tour du Bénélux ensuite. Je ne ferai pas la Vuelta cette année, mais plutôt des courses d'un jour comme Isbergues, Fourmies, les
coupes de France et puis le championnat du monde, j'espère.
Recueilli par Vincent COTÉ. (Ouest-France)