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Lundi 28 mai 2007
Interview d'Amaël Moinard : "j'avais les capacités d'accrocher le premier groupe dans l'ascension de Montevergine."



Cofidis Avec Amaël Moinard, Cofidis est persuadé de tenir un brillant élève de la nouvelle vague, celle appelée, logiquement, à succéder d'ici peu à la génération des "seventies". Le coureur normand a jusqu'ici plutôt donné satisfaction sur la majorité des épreuves auxquelles il fut sélectionné. Attentif, travailleur, obstiné même, les qualificatifs pleuvent à l'adresse d'un garçon que ses dirigeants définissent par ailleurs comme un garçon nature, sain, disposant d'un bel avenir devant lui. Sélectionné pour la seconde année consécutive sur le Tour d'Italie au sein d'une équipe de baroudeurs, le jeune grimpeur (il a fait étalage de ses qualités d'escaladeur lors de la dernière Route du Sud), avoue posséder comme objectif essentiel de se glisser dans une bonne échappée pour jouer la gagne sur une arrivée.



Amaël, on est tenté de vous féliciter pour votre ascension de Montevergine, où non seulement vous vous classez meilleur Français à 34 secondes de Danilo Di Luca...

"C'est vrai que cela fait plaisir. J'émets toutefois un petit regret de ne pas avoir pu accrocher le premier groupe car j'en avais les capacités. J'ai payé en fait une erreur de placement à trois kilomètres de l'arrivée. Je ne peux de ce fait en prendre qu'à moi-même."



Tirez-vous de ce fait un bilan personnel plutôt positif de ces quatre premières étapes ?
"Le bilan me paraît positif dans le sens où je me sens en forme. Je ne me suis pas trompé dans la préparation. Ce Giro était mon deuxième grand objectif de la saison après Paris-Nice. Ca s'annonce donc plutôt bien pour la suite."



Quelles ambitions particulières affichez-vous sur ce deuxième Giro ?

"J'aimerais bien arriver pour la gagne d'une étape au moins une fois. J'ai l'idée que cette occasion pourrait se produire sur une étape pourvue de difficultés, c'est à dire lors d'une étape de transition plutôt ardue avant la haute montagne."



Sentez-vous chez vous une toute autre puissance sur cette épreuve en comparaison de l'année dernière ?

"Oui tout à fait. J'aborde ce Giro avec un état d'esprit tout à fait différent. Alors que l'année dernière, j'avais comme objectif principal de finir, de découvrir et de travailler pour les coureurs d'expérience qui nous entouraient comme Rik Verbrugghe et Ivan Parra, cette fois-ci je l'ai abordé avec l'ambition de gagner une étape. Le fait nouveau sur cette édition c'est qu'il n'y a pas de leader désigné chez nous, d'où une plus grande souplesse dans la façon de conduire la course. D'où la possibilité de pouvoir aussi m'exprimer pleinement sur l'épreuve. Tout le monde dans le groupe aura aussi la possibilité de jouer sa carte personnelle un jour ou l'autre."



Quelle est la stratégie de l'équipe Cofidis sur ce Tour d'Italie ?

"Animer la course, se montrer et choper le bon coup pour essayer d'obtenir une victoire. C'est sûr que notre chance de concrétiser sera meilleure lors des étapes de transition. Dans cette optique, notre groupe n'aura aucune ambition sur les différents challenges et déjà en particulier sur le classement général."



Une bonne place au classement du meilleur jeune pourrait-elle constituer un challenge pour vous ?

"C'est une chose à laquelle je n'avais pas du tout pensé jusqu'aujourd'hui. C'est sûr qu'il serait vain de se focaliser là-dessus tant la concurrence sera rude avec Nibali et Ricco."



L'absence de coureurs comme Ivan Basso ou Jan Ullrich donne-t-elle à l'épreuve un autre relief ?

"Oui, je pense que ce Giro sera encore plus une histoire entre Italiens que celui de l'année dernière, où on avait quand même aperçu Jan Ullrich remporter le contre-la-montre en Toscane. Je vois encore très bien un affrontement entre Damiano Cunego et Gilberto Simoni, c'est-à-dire des grimpeurs, à la différence des grimpeurs-rouleurs capables d'écraser complètement la course dans les contre-la-montre et la haute montagne. Résultat du film, l'épreuve devrait être beaucoup plus ouverte car je ne vois personne pour cadenasser la course."



Un favori ?

"Gilberto Simoni."



On a l'impression qu'il ne vous manque pas grand-chose pour remporter votre premier bouquet chez les pros, et pourtant cela ne veut pas sourire. Pourquoi ?

"A ma décharge, j'ai quand même enchaîné depuis le début de saison le Tour Méditerranéen, Paris-Nice, le Tour du Pays-Basque, les classiques ardennaises, c'est-à-dire beaucoup de courses ProTour. Bon, c'est bien, je progresse, mais je n'ai pas le niveau pour aller gagner des courses, même si je n'ai pas été loin sur Paris-Nice. Peut-être l'occasion sera plus franche sur la Route du Sud, à laquelle je participerai, que j'ai inscrit en gros sur mon agenda, et puis aussi sur les courses du mois d'août en France. Mais c'est vrai que j'ai d'abord envie de progresser un maximum car les victoires suivront, j'en ai conscience."



Pour quelle épreuve de la Coupe de France avez-vous le plus de feeling ?

"Le Tour du Haut-Var, par le fait qu'il comporte pas mal de difficultés et qu'il correspond le mieux au type de course que j'affectionne. Paris-Camembert aussi et puis du côté affectif la Polynormande."



Vous restez donc a priori très attaché à votre département d'origine ?

"C'est certain, même si je l'ai quitté pour le Calvados."



Quelle sera la suite de votre programme à votre retour en France ?

"Le Championnat de France. Un maillot tricolore au bout, ça donne des ailes."



Propos recueillis par Jean-François Modery le 16 mai 2007 (velo 101)

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par Pauline publié dans : Amaël Moinard
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